Hébron : des Franco-Israéliens mobilisés pour la colonisation, et le silence du gouvernement français pose question
Le 11 août, plus de 1 500 Franco-Israéliens se sont rendus en Israël pour participer à une mobilisation à Hébron, en Cisjordanie occupée. Parmi les participants figuraient notamment Bezalel Smotrich, Itamar Ben Gvir et Nili Kupfer-Naouri. Cette mobilisation, présentée comme favorable à la colonisation, amène une question simple : comment la France réagit-elle quand ses propres ressortissants prennent part à ce type d’événement ?
Cette mobilisation s’inscrit dans une période où le contrôle israélien sur Hébron se renforce.
En juin, Bezalel Smotrich a annoncé que certaines compétences administratives, notamment sur l’urbanisme, seraient transférées à Israël dans la zone H2 d’Hébron. (Times of Israël)
Dans la vieille ville, la situation reste très contraignante pour les Palestiniens. Le 11 août, le maire d’Hébron et plusieurs ingénieurs ont été brièvement interpellés par les forces israéliennes alors qu’ils inspectaient des travaux de réhabilitation. D’autres restrictions visant les habitants et des projets de développement sont aussi signalées dans plusieurs secteurs. (WAFA Agency)
Sanctions contre des responsables politiques, mais qu’en est-il des Français concernés ?
Le contraste est difficile à ignorer. La France a déjà pris des mesures contre certains responsables politiques associés à cette politique. En juin, Jean-Noël Barrot a annoncé une interdiction d’entrée en France pour Bezalel Smotrich, en l’accusant de soutenir activement l’annexion de la Cisjordanie. Itamar Ben Gvir a aussi été interdit de territoire. (leparisien.fr)
En revanche, concernant les ressortissants français qui ont participé à cette mobilisation en faveur de la colonisation, aucune mesure précise n’a, à notre connaissance, été annoncée par le gouvernement français.
C’est sur ce point que nous avons décidé d’interroger directement Jean-Noël Barrot.
Une question envoyée au Quai d’Orsay
Focus a contacté le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères pour lui demander quelle est la position du gouvernement sur la participation de citoyens français à cette mobilisation, et si des mesures sont envisagées.
Au fond, la question est la suivante : la France compte-t-elle seulement sanctionner des responsables politiques étrangers qui défendent la colonisation, ou va-t-elle aussi regarder ce que font ses propres ressortissants quand ils participent à des mobilisations qui poursuivent les mêmes objectifs ?
Alors que Paris dit vouloir s’opposer à l’extension de la colonisation en Cisjordanie, l’absence de réaction publique sur cette mobilisation demande à être clarifiée.
Focus publiera la réponse du ministère si celui-ci répond à la demande.