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# « Un génocide graduel derrière les barreaux » : le rapport accablant sur le sort des prisonniers palestiniens en Israël
- URL: https://www.focusmediafr.co/un-genocide-graduel-derriere-les-barreaux-le-rapport-accablant-sur-le-sort-des-prisonniers-palestiniens-en-israel/
- Published: 2026-09-01T19:01:01.000Z
- Updated: 2026-09-01T19:29:44.000Z
- Author: Focus

Morts en détention, manque de nourriture, violences, humiliations, absence de soins : le rapport d’Addameer sur les prisonniers palestiniens détenus par Israël montre une détérioration brutale des conditions carcérales depuis le 7 octobre 2023\. 

Intitulé *Prison Violence: A Gradual Genocide of Palestinian Prisoners*, le document s’appuie sur des témoignages de codétenus, des données médicales et des autopsies. Il décrit un univers carcéral devenu, selon Addameer, un système de violence et d’épuisement du corps.

🔗[https://www.addameer.ps/sites/default/files/publications/Prison%20Violence-%20A%20Gradual%20Genocide%20of%20Palestinian%20Prisoners%202025\_compressed%20%281%29.pdf](https://www.addameer.ps/sites/default/files/publications/Prison%20Violence-%20A%20Gradual%20Genocide%20of%20Palestinian%20Prisoners%202025%5Fcompressed%20%281%29.pdf?ref=focusmediafr.co)

Derrière les murs d’une prison, un homme ne décide plus de grand‑chose. Il ne choisit ni ce qu’il mange, ni le moment où il peut consulter un médecin, ni les médicaments auxquels il a accès. Lorsqu’il tombe malade ou qu’il est blessé, sa survie dépend de ceux qui le gardent.

Cette dépendance absolue traverse le rapport publié par Addameer. L’organisation palestinienne de défense des prisonniers affirme que les mauvais traitements infligés aux prisonniers palestiniens ont pris, depuis le 7 octobre 2023, une dimension sans précédent.

**Le rapport ne décrit pas seulement des passages à tabac ou des humiliations. Il évoque un ensemble de pratiques qui, combinées, ont profondément dégradé les conditions de détention : faim, isolement, violences physiques et psychologiques, violences sexuelles alléguées et privation de soins.**

Le bilan humain avancé par Addameer donne la mesure de ces accusations : **89 prisonniers palestiniens seraient morts en détention israélienne entre le 7 octobre 2023 et le 15 avril 2026.**

Mais les chiffres, aussi lourds soient‑ils, racontent peu ce qui se passe avant la mort.

**Des corps qui s’affaiblissent**

Les témoignages recueillis dans le rapport montrent des détenus qui maigrissent, tombent malades et voient parfois leur état se détériorer sans prise en charge médicale adéquate.  
La faim apparaît souvent dans ces témoignages. Addameer dit que la nourriture distribuée ne suffit pas et qu’elle constitue une punition, pas seulement le résultat de mauvaises conditions.

Dans une prison, chaque détail compte. Un détenu affamé ne peut pas aller chercher à manger ailleurs. Un malade ne peut pas choisir d’aller aux urgences. Tout dépend de l’administration qui le garde.

C’est pourquoi le rapport met en avant les accusations de négligence médicale. Addameer raconte des prisonniers malades ou blessés dont les demandes de soins ont été ignorées, retardées ou mal traitées. Pour les détenus décédés, l’organisation a comparé les témoignages des codétenus aux dossiers médicaux et, quand ils existaient, aux rapports d’autopsie.

Chaque décès soulève les mêmes questions : à quel moment l’état s’est‑il détérioré ? Les gardiens ont‑ils été prévenus ? Un médecin est‑il intervenu ? Le détenu aurait‑il pu être sauvé ?

**La violence derrière les murs**

D’autres témoignages parlent de passages à tabac, d’humiliations et de traitements cruels ou dégradants. Le rapport mentionne aussi des violences sexuelles.

Ces accusations doivent être vérifiées par des enquêtes indépendantes. Leur répétition soulève une question plus large que le comportement de quelques gardiens : le fonctionnement du système carcéral tout entier.

Quand des détenus ayant connu plusieurs prisons décrivent les mêmes pratiques, il faut savoir qui était au courant, quelles instructions ont été données et quels mécanismes existaient pour empêcher les abus.

La question devient urgente parce que le bilan reste incomplet. Addameer souligne l’opacité qui entoure le sort de certains Palestiniens de Gaza détenus par Israël. Pour certaines familles, l’incertitude dure des semaines, voire des mois : où se trouve le proche, quel est son état, voire s’il est encore en vie.

Pourquoi le rapport parle‑t‑il de « génocide graduel » ?  
Addameer qualifie cette accumulation de morts et de mauvais traitements de « génocide graduel » des prisonniers palestiniens. 

Des dizaines de prisonniers sont morts. Des détenus témoignent de la faim et des violences. Des accusations de torture et de privation de soins sont formulées. Des autopsies et des dossiers médicaux sont cités pour documenter certains décès. Chaque cas doit être examiné séparément.

Derrière les statistiques, il y a des hommes dont les derniers jours se sont déroulés dans une prison où presque tout nourriture, soins, déplacements, contacts avec l’extérieur dépendait de l’administration qui les détenait. C’est là que se situe la question centrale du rapport.

Un homme entre vivant dans une prison. Dès cet instant, l’administration qui le détient devient responsable de son intégrité et de sa santé. Quand l’homme ressort mort, l’administration doit expliquer pourquoi. Quand les morts se comptent par dizaines, l’explication ne vient plus seulement des familles ; elle devient une exigence de vérité, de responsabilité et de justice.