Libération : le départ de Jean Quatremer solde des années de tensions internes
Libération : le départ de Jean Quatremer solde des années de tensions internes
Le départ de Jean Quatremer de Libération après 42 ans de maison marque la fin d'une très longue collaboration, mais il met aussi en lumière des tensions politiques et idéologiques profondes qui traversent le journalisme contemporain.
Si le journaliste invoque la défense de sa « liberté » dans sa lettre d'adieu, ses prises de position passées ont souvent été au cœur de vives controverses, tant au sein de la rédaction de Libération qu'auprès d'une partie de ses lecteurs.
Des prises de position clivantes et contestées
Tout au long de sa carrière, et plus particulièrement ces dernières années, les interventions de Jean Quatremer — notamment sur les réseaux sociaux et dans ses tribunes — ont régulièrement suscité des vagues d'indignation.
Sur le conflit israélo-palestinien et l'antisémitisme : Ses analyses et ses commentaires sur le Proche-Orient ont souvent été jugés unilatéraux ou excessivement polémiques par une grande partie de la rédaction de Libération, attachée à une ligne progressiste et critique de la politique israélienne.
Le climat au sein de la rédaction : Pour bon nombre de journalistes et de observateurs, le fossé s'est creusé entre la liberté de ton historique revendiquée par les figures anciennes du journal et la nécessité, défendue par une nouvelle génération, d'une rigueur éthique et d'une déontologie irréprochable face à des sujets aussi inflammables.
La rupture avec l'ADN de Libération
Pour une partie de la rédaction et du lectorat de Libération, le départ de Jean Quatremer est perçu non pas comme une perte regrettable, mais comme l'aboutissement logique d'une dérive idéologique. Ses détracteurs lui reprochaient depuis longtemps de s'éloigner des valeurs fondatrices du journal, ancrées à gauche, pour adopter des postures de plus en plus conservatrices ou droitières, en décalage avec l'identité du quotidien.
Son arrivée rapide comme éditorialiste à l'hebdomadaire Marianne un média dont la ligne éditoriale est régulièrement qualifiée de souverainiste et polarisante tend d'ailleurs à confirmer ce glissement politique.
En refermant ce chapitre après 42 ans, Libération tourne une page certes historique, mais qui soulage sans doute une rédaction en quête de cohérence politique et de sérénité éditoriale.